Vendre son site de voyage : les 46 points de la due diligence, expliqués
Neuf catégories, quarante-six vérifications, une douzaine de points bloquants. Le détail de ce qui est réellement audité.
La due diligence intimide par son nom. En pratique, c'est une liste de vérifications, organisée par thème, dont l'objectif est simple : s'assurer que ce qui est annoncé correspond à ce qui existe. Voici comment elle se structure, catégorie par catégorie.
Audience et trafic
On commence toujours par là, parce que tout le reste en dépend. Six points sont examinés : l'accès direct à l'outil d'analyse — vu en lecture, pas une capture d'écran —, le mix des sources de trafic, la dépendance à une plateforme unique, la tendance sur 24 mois, la géographie de l'audience et la saisonnalité.
Deux points sont bloquants : l'impossibilité de vérifier les accès analytics, et une courbe de trafic en décrochage non expliqué. Le second n'interdit pas la transaction, mais il change le prix.
SEO et netlinking
Cinq vérifications : l'autorité et les domaines référents, la santé du profil de liens, la valeur commerciale des positions, la présence de contenu dupliqué ou généré sans retouche, et le recoupement de mots-clés avec les médias déjà détenus par le repreneur.
Un profil de liens artificiel est le motif d'arrêt le plus fréquent à ce stade. Ce n'est pas une question de morale : un site dont l'autorité repose sur un réseau de liens payants est un site dont le trafic peut disparaître à la prochaine mise à jour.
Éditorial et contenu
Volume et fraîcheur des articles, qualité de la signature, droits sur les visuels, rythme de publication réel sur douze mois, et dépendance à un auteur unique. La question des droits sur les photos est le point qui bloque le plus de dossiers par ailleurs sains.
Communauté et newsletter
Taille et santé de la liste, mais surtout propriété juridique et conformité RGPD : le consentement est-il traçable, la liste est-elle cédable, où est-elle hébergée ? Une liste non cédable ne compte pas dans la valorisation. Les comptes sociaux sont examinés sous le même angle : sont-ils sur des identifiants professionnels transmissibles ?
Monétisation et finances
Six points : le chiffre d'affaires documenté sur 24 mois, le mix de revenus, les charges réelles et la marge normalisée, la concentration client, la transférabilité des comptes d'affiliation, et le prix demandé rapporté au résultat.
La normalisation mérite une explication. Si vous travaillez trois jours par semaine sur le site sans vous verser de salaire, le résultat affiché est artificiellement élevé : le repreneur devra payer quelqu'un pour faire ce travail. Ce coût se retranche.
Partenariats institutionnels
Pour un média travel, c'est souvent le poste le plus créateur de valeur. On regarde quelles collectivités, offices de tourisme ou comités régionaux ont acheté, sur quels montants, avec quelles échéances — et surtout si la relation tient au média ou à votre personne.
Juridique et structure
Qui détient le site, qui signe, sous quelle forme se fait l'opération — cession d'actifs ou de titres —, l'état des marques et du nom de domaine, les litiges éventuels, la conformité RGPD. Un site détenu en indivision ou une marque contestée sont des points bloquants tant qu'ils ne sont pas levés.
Technique
CMS, hébergement, dette technique, performances, et la liste complète des accès à transférer. Rien d'insurmontable en général, mais le coût de remise à niveau se déduit du prix.
Humain et transition
Votre rôle réel en heures, l'équipe et les pigistes, la durée d'accompagnement acceptée, la motivation de la vente, et une éventuelle clause de non-concurrence. La question de la motivation n'est pas indiscrète : un vendeur qui part par lassitude et un vendeur qui part parce que les revenus s'effondrent ne présentent pas le même dossier.
Comment aborder cette étape sereinement
La due diligence n'est pas un examen à réussir. C'est une mise à plat qui protège les deux parties : elle évite au repreneur d'acheter un problème, et au vendeur de voir la transaction annulée après signature.
Le meilleur moyen de la traverser rapidement est de préparer en amont les trois éléments qui reviennent toujours : les accès analytics en lecture, les relevés de revenus sur 24 mois, et l'inventaire des droits sur les contenus.